Pharmacrops

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Image: www.ucsusa.org

Les plantes médicinales traditionnelles produisent des substances naturelles utilisables dans la médecine. Les plantes pharmaceutiques (pharmacrops) produisent des substances actives nouvelles suite à l’introduction de gènes étrangers à l’espèce. La culture des plantes pharmaceutiques devrait être soumis à un contrôlé étroit en plein champ ou, mieux encore, être réservée à la culture sous serre, puisqu’il faut éviter à tout prix que ces plantes contaminent la chaîne alimentaire.

La « moléculture » ou « l’agriculture moléculaire » (PMP – Plant Made Pharmaceuticals) désigne le développement de plantes transgéniques en vue de l’obtention de composés qui pourraient éventuellement être intégrés dans la fabrication de produits pharmaceutiques. Il s’agit surtout de la production de protéines propres au corps humain comme les anticorps monoclonaux, les protéines du sang, les hormones (par ex., insuline, hormones de croissance, interférons, interleukines), d’enzymes thérapeutiques ou de vaccins.

La moléculture végétale devrait compléter d’autres méthodes génétiques pour obtenir des médicaments. Jusqu’à présent, le génie génétique était surtout utilisé pour produire des composés pharmaceutiques dans des espaces confinés (fermenteurs) à l’aide de bactéries, levures ou molécules génétiquement modifiés. Ces procédés ont permis de mettre sur le marché des centaines de médicaments recombinant (Phama). On utilise aussi des animaux transgéniques vivants comme bioréacteurs pour obtenir des composés utiles (aussi appelé Pharming). Ce pharming sert à obtenir des substances actives à partir de lait, de sang ou d’urine (Animaux GM en médecine).

Mai 2012

L’agence des produits alimentaires et médicamenteux des États-Unis (Food and Drug Administration, FDA) a autorisé le premier médicament à base de plantes transgéniques. La substance active glucocérébrosidase (pour la maladie héréditaire de Gaucher) est produite à partir de cellules de carottes génétiquement modifiées.

État de la moléculture

En Suisse, il n’y a pas de moléculture, ni en milieu confiné, ni en champ. En Europe, la recherche se limite à quelques essais de dissémination. Par contre, les États-Unis ont autorisé plusieurs centaines d’essais de moléculture depuis 1991. L’Union of concerned scientists (UCS) a élaboré une cartographie et une banque de données qui recensent ces essais.

Les premières substances actives à base de plantes transgéniques sont déjà au stade des essais cliniques. Mais, à ce jour, aucune autorisation n’a été délivrée pour la culture de plantes pharmaceutiques à des fins commerciales.

Risques associés à la moléculture

Les plantes pharmaceutiques comportent de nouveaux risques pour la sécurité. Pour les cultiver en plein champ, il faudrait absolument garantir que les plantes, les parties des plantes ou leur pollen n’arrivent pas dans la chaîne alimentaire, puisqu’elles produisent des molécules ayant un effet pharmacologique sur les humains et les animaux. Il faut donc qu’il y ait une séparation stricte entre les plantes pharmaceutiques et les plantes destinées à l’alimentation humaine et animale (Coexistence). Parallèlement aux mesures physiques requises, il est également prévu d’introduire des mesures dites de confinement biologique (éviter la production de pollen, etc.). En outre, il est prévu d’utiliser des plantes non alimentaires comme le tabac. Cependant, la moléculture existante utilise souvent des plantes de maïs, de soja, de riz ou de pommes de terre.

PNR 59

Dans le cadre du programme national de recherche PNR 59, un projet avec le titre suivant a été mené : « Existe-t-il une plante génétiquement modifiée acceptable sur le plan social ? » Il s’agissait de produire une plante pharmaceutique qui ne pouvait parvenir dans la chaîne alimentaire et dont le patrimoine héréditaire ne pouvait se répandre par le biais du pollen. Des protéines d’une utilité médicale potentiellement élevée servant à la mise au point d’un vaccin contre l’hépatite C étaient produites dans certaines organelles (chloroplastes) de la plante de tabac. Selon l’avis des chercheurs, « (…) les doutes [de la population] sont surtout orientés contre l’utilisation de plantes GM dans le secteur alimentaire. Des études européennes ont révélé que leur utilisation dans des desseins médicaux est par contre nettement mieux acceptée. »

Le cas de ProdiGene

En 2002, des inspecteurs de l’US Animal and Plant Health Inspection Service (APHIS) ont découvert deux cas de contamination par des plantes pharmaceutiques. Dans les deux cas, il s’agissait de repousses de maïs transgénique dans des champs de soja destiné à l’alimentation humaine. Ces plantes de maïs, issues d’essais en plein champ de l’entreprise ProdiGene, avaient été transformées génétiquement pour produire un vaccin contre une maladie virale du porc. Au total, 13 500 tonnes de soja ont dû être détruites. ProdiGene a pris en charge les coûts d’achat et de destruction du soja contaminé (plus de deux millions de dollars américains). En outre, l’entreprise a dû payer une amende de 250 000 dollars.