Biologie synthétique

 
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Image : Kolonien des transformierten Mycoplasma mycoides Bakteriums. J. Craig Venter Institute

 

La biologie synthétique est une branche interdisciplinaire de la recherche scientifique. Elle est un des plus récents développements de la biologie moderne et peut être définie comme un domaine de recherche combinant la biologie moléculaire, la chimie, l’informatique et l’ingénierie.
L’idée de base de la biologie synthétique est que les êtres vivants se laissent transformer ou construire de manière contrôlée et ciblée. Au premier plan de la biologie synthétique, on trouve la conception et la fabrication de systèmes biologiques qui n’existent pas à l’état naturel, de même que la reconstruction ou copie de systèmes biologiques existant. La différence avec le génie génétique réside dans le fait que ce ne sont pas des morceaux de génomes qui sont transférés d’un organisme à un autre, mais bien la création complète de systèmes biologiques artificiels.

Les domaines d’application de la biologie synthétique sont :

  • Production de médicaments (bactéries synthétiques ou levures capables de synthétiser des médicaments)
  • Médecine (cellules synthétiques à buts thérapeutiques qui, à l’intérieur du corps, traitent des cellules ou tissus malades).
  • Production d’énergie (cellules qui transforment des matières premières en énergie).
  • Technologies environnementales (par exemple des bactéries fixatrices de gaz carbonique).
  • Production de matériaux (organismes pour la production par exemple de plastiques ou de textiles).
  • Utilisation militaire (développement de nouvelles armes biologiques, ou lutte contre celles-ci).

Le projet européen SYNBIOSAFE (Safety and ethical aspects of synthetic biology) est chargé d’analyser les aspects de sécurité et d’éthique en lien avec la biologie synthétique.

La Commission fédérale d’éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain (CENH) s’intéresse également aux aspects éthiques de la biologie synthétique

ETC Group est un groupe international de surveillance des nouvelles technologies

 

Mai 2010
L’institut J.C. Venter a fait état de la production de la première bactérie synthétique capable de se reproduire d’elle-même (Mycoplasma micoides).

Janvier 2008
L’institut Craig Venter produit le premier matériel génétique bactérien de manière synthétique. Le génome de la bactérie Mycoplasma genitalium a été reconstruit. Celui-ci est le plus petit génome connu (582’970 paires de bases) au niveau bactérien.

Octobre 2005
Le code génétique de la grippe espagnole, qui a tué entre 1918 et 1919 entre 20 et 50 millions de personnes, a été partiellement reconstruit. Le virus synthétique se reproduit, est virulent et pathogène.

Novembre 2003
Une équipe de chercheurs autour de Craig Venter construit en à peine 14 jours le bactériophage Phi-X174.

Août 2002
Des chercheurs américains produisent pour la première fois de novo le virus de la poliomyélite de manière synthétique. Les briques utilisées provenaient d’une banque de données libre d’accès. Le virus synthétique présentait des propriétés pathogènes semblables à celle du virus naturel.