28012016 ifoam
Au nombre des nouveaux arrivants : les ciseaux à ADN CRISPR. Photo : Sébastien Thibault
 

Organe faîtier regroupant plus de 330 organisations, associations et entreprises actives dans le domaine de l’agriculture biologique en Europe, l’IFOAM UE vient de publier une prise de position sur les nouvelles techniques d’édition génomique. Ce document anticipe l’interprétation légale de la Commission européenne, attendue pour mars 2016. S’agissant de ces nouvelles techniques, la fédération internationale des mouvements de la bio ne voit aucune raison, ni légale, ni technique, de contourner la législation sur les OGM. Elle met en garde contre un risque de pertes économiques au cas où la Commission européenne autoriserait une mise sur le marché sans contrôle des produits issus de ces techniques.

L’IFOAM UE signale que les produits obtenus à l’aide des nouvelles techniques d’édition génomique recèlent les mêmes risques que les plantes GM déjà commercialisées. Il faudrait éviter de les utiliser dans l’agriculture biologique et de les disséminer. Toute tentative de les intégrer à la chaîne alimentaire sans en évaluer les risques et sans assurer leur traçabilité et leur étiquetage serait vouée à l’échec, comme l’ont été les premières disséminations il y a 20 ans en Europe. Selon l’IFOAM UE, la Commission devrait laisser aux consommateurs le choix d’acheter ou non de tels produits. Or cela ne peut fonctionner que s’il y a obligation d’étiquetage.

Nous avons besoin d’innovations dans la sélection végétale et de nouvelles approches agronomiques si nous voulons tirer le meilleur parti de la diversité génétique des plantes, commente Eric Gall, responsable stratégique de l’IFOAM UE. Les innovations n’ont toutefois pas besoin du génie génétique et de ses effets secondaires imprévisibles.

La prise de position décrit les nouveaux procédés de modification génétique des plantes tels que la cisgénèse ou les ciseaux à ADN CRISPR/Cas. L’IFOAM UE est d’avis que ces techniques de sélection sont contraires aux principes de l’agriculture biologique et qu’il faut y renoncer. Si les nouveaux procédés d’édition génomique ne sont pas soumis à la législation sur les OGM, on pourra tirer un trait sur la liberté de choix des sélectionneurs, des paysans et des consommateurs.

 

 

DOCUMENTS STOPOGM

RAPPORT

Commission d'éthique dans le domaine non humain :

Descriptions des techniques et risques

Prise de position

Expertises juridiques et régulation